« Depuis notre rencontre, je me bats avec moi-même pour savoir si je dois lui écrire ou pas. Alors ici se révélera l’angle mort d’une affection qui n’a jamais si bien porté son nom. Elle fait partie de ces gens qui sans même le savoir m’ont guidé et éclairé dans le difficile métier de vivre. Notre lien restera fiché, bien clause au fond de moi, dans un immense amour. Cette lettre ne sera donc pas datée car elle coïncide aux vagues qu’elle continue d’agiter.» Acte 1 : La rencontre d’un 2 -ème type. Je l’ai vu tomber en arrière dans ce décors préfabriqué. En apparence, tout semblait être sous contrôle. Du moins, en apparence. Car soudain, des secousses sismiques ont fait trembler sa voix. Sa bulle s’est mise à éclore pour s’arracher des tumultes du monde. Là, son corps s’est suspendu dans le grand vide de l’univers. Un flottement, le temps d’un instant pour renaître sous une autre forme. Ça y est : La connexion est enfin établie. Acte 2 : L’exploration du puits Elle est indomptable et n’en fait qu’à sa tête. Son besoin de liberté est physiologique. Alors, laissezlà vivre car elle se sent trop à l’étroit dans son corps. La matière s’incline pour laisser libre court à ses recherches d’apprentie. Elle est le ciel sans cerfs-volants, et considère l’espace comme une drogue, sans esprit de retour ni de demi-mesure. Travailler, lire, prendre quelques décisions : Demain sera déjà terminé. Elle est cette épicurienne qui s’ignore, bien qu’il ne soit pas bon pour cette femme d’être seule, elle l’est. Elle sait recevoir les coups et marche avec ce sentiment qui ne la quitte pas : « C’est lui. ». Il y a eu des silences, des bruits de respirations entre deux spasmes. C’est facile, elle est douée pour l’Amour, aussi soit-il terrible et bienveillant. Les traits amoureux se répètent inlassablement comme une apparition soudaine d’une réalité non exprimable. Rencontrer, Aimer, Se déclarer, Échouer. Puis accepter l’idée que cette belle chose qui les unit n’existe plus. Elle est ainsi, alors prenez là comme elle est. C’est une excellente jardinière de l’amour et de l’amitié, il y a quelque chose en elle qui fais s’épanouir des choses merveilleuses, parfois éphémères. J’aime son sourire, je vois beaucoup de chose mais je ne dis jamais un mot. Car il n’est pas question de se pencher sur elle. Elle s’abandonne dans les bras d’hommes diamétralement opposés de sa propre recherche. Et veut réapprendre à devenir une sur-femme : Au regard élégant et désenchanté. Un sable mouvant où tu t’enfonces dedans. Au delà de ces aspects fleurs bleue, elle possède des pensées assez puissantes pour traverser les murs et portes fermées. Bien qu’elle souhaite se protéger en dressant une vitrine teintée, sa recherche de chaleur auprès d’un foyer est constante. Mais maintenant, les choses ont changé : Une sorte d’éboulement intérieur à lieu. Elle est à la recherche d’une issue, d’un passage secret : Tout en elle se dérobe et risque de disparaître par une mutation qui l’anime. Les arbres sous sa peau assaillent joyeusement, une danse violente dans laquelle les racines s’agrippent aux nerfs. Sa peau durcie et grignote chaque chaire encore meurtrie. Tout ce qu’elle n’a plus lui manque. Elles les propulsent à mille lieux du présent dans son sanctuaire interne où chaque étoile sont minutieusement renommées, chaque souvenir pardonnés. Elle commence à adopter un rapport de force parfaitement maîtrisé, propre aux maîtres ascensionnés. Même si maintenant il devient difficile de marcher côte à côte car si nous continuons nous allons nous fondre l’une dans l’autre. Je voudrais que tu te souviennes de moi. Que tu n'oublies jamais que j'ai existé et que je me suis trouvée ainsi à tes côtés. Bien que je sois gênée de n’être que moi, tu as été par moment la clé de voûte de mon temple intérieur. Et comme tout ce qui a une forme finit par disparaître, sache que certaines pensées laissent des traces briquées.

 

© 2019 par Marie-Josée BAYERLAIT