Récession mondiale : Une crise monétaire de l’euro

 

 Marie-Josée BAYERLAIT   14:30   28 mars 2020

A tour de bras, les banques centrales déploient des politiques de quantitative easing (QE) pour maintenir la stabilité monétaire mis en péril en partie par l’urgence sanitaire Covid-19. Une crise imminente annonçant la fin de l’euro valeur refuge et la nationalisation des banques déjà en difficultées.

 

Récession mondiale : Une crise monétaire de l’euro

 
 

Un corps européen fracturé

Les chaînes d’approvisionnement qui font trois fois le tour du monde avec des flux tendus sont terminés et le principe de libre circulation des capitaux est à l’ordre du jour. L’avenir se pose sur la place du nationalisme économique dans une Europe qui atteint son plafond de verre en matière de coordination politique et de solidarité budgétaire sur la crise du Covid-19.

Les fermetures des frontières communes et l’appel à l’aide envoyé depuis la Lombardie aux chinois, russes et américains sont des éléments de langage qui forcent le trait d’une incompétence européenne à maintenir les rangs.

Bien que des discussions concrètes auprès de coronabonds ou instruments de dette commune sont à l’étude rien à ce stade n’indique qu’une décision sera prise là où le chacun pour soi est de mise.

 

L’euro une réserve de valeur volatile

Dans un communiqué du 19 mars 2020 l’European Central Bank (ECB) a décidé d’injecter 750 Mds via un programme d’achat d’urgence qui précise que la taille pourra être augmentée

[…] by as much as necessary and for as long as needed. 

Une somme qui s’ajoute aux 120 Mds de la semaine passée, et qui se porte garant de la confiance dans la monnaie commune. Or l’histoire nous montre que les politiques de planche à billet n’ont pas brillé et ne sont que l’annonce d’une récession chiffre en main du point de conjoncture du 26 mars 2020 publié par l’INSEE.

 

Au niveau global, le climat des affaires perd 10 points, à 95. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle de l’indicateur depuis le début de la série (1980). En octobre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, l’indicateur avait chuté de 9 points. L’indicateur de climat de l’emploi connaît également sa plus forte chute depuis le début de la série (1991). Il perd 9 points et atteint 96.

 

Le grand bal de la destruction de valeur annoncée par les tambours battant de la mécanique du QE se fait attendre avec un taux de change maintenu face au dollar US autour de 1.10 (après un plus bas à 1.06 mi-mars).

Nous pouvons nous permettre de bomber le torse comme des cadors, mais jusque quand au vu des bourses américaines qui convoquent l’enfer à chaque ouverture -plus de 30% de perte pour les classes actions-  auxquels s’ajoutent  les plans de sauvetages de la federal reserve system qui fusée dans le dos injectent 1500 Mds. Aux côtés de Trump qui signe un gigantesque plan de relance adopté par le Congrès pour la modique somme de 2000 Mds de dollars.

Une fois pour toute le corps politique cherchent des poches d’oxygène dans un contexte sanitaire qui appuie les difficultés structurelles de devise déjà mis-à-mal. – Le Liban se déclare en défaut de paiement de sa dette - où des pays se retrouvent la tête sous l’eau. Nous allons augmenter massivement le financement d’urgence, pour lequel près de 80 pays sollicitent notre aide déclare Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI le 23 mars 2020.

 

POUR RESUME

Coincées entre le marteau et l’enclume les annonces des banques centrales et des gouvernements risquent d'accentuer la volatilité des devises avec le risque d'y avoir une devise gagnante et une fragilisation supplémentaire de nos circuits financiers en plus d’une récession au moins aussi dure que lors de la crise financière mondiale, voire pire.

 
 

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