Libra la monnaie digitale sur la crète des vagues

 

 Marie-Josée BAYERLAIT   12:54   08 décembre 2019

Si l’on peut reconnaître que l’expérimentation de Libra comme nouvelle monnaie mondiale a fait trembler les institutionnelles (annoncé en 2019, lancement prévu 2020). Il n’en reste pas moins que l’examen détaillé de Libra répond aux nouvelles exigences technologiques et financière de l’économie mondiale.

Quand bien même cette impulsion fût immédiatement freinée par les politiques, il n’en n’a pas fallu plus pour mettre en place une cellule de réflexion et découvrir une première organisation des réponses.  

Libra la monnaie digitale sur la crète des vagues

 

 
 

Produit d’appel pour les non-bancarisés

La démonstration d’une révolution numérique dans le domaine des paiements est portée par de nouveaux acteurs. Mark Zuckerberg avec le projet Libra est à la lumière d’une réflexion sur l’accessibilité d’un compte bancaire à partir d’un téléphone portable pour tous les non-bancarisés.

Une réponse qui s’assoit aux côtés de la banque traditionnelle qui jusqu’à présent ne s’était pas saisie de l’affaire. Quand bien même l’ère du cloud a fait émerger les néo-banques et les banques en ligne qui ont profondément transformer les réseaux traditionnels avec leurs utilisations.

Les premières se sont vu recevoir l’agrément de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) quant aux secondes une licence bancaire donnant les mêmes garanties que les réseaux bancaires traditionnels mais restant toutefois complémentaire du fait d’une gamme de produit limité.

Une installation qui visée d’abord des clients bancarisés et qui par conséquent ont laisse le champ libre aux projets émergeants comme Libra.

 

Maîtrise des coûts et des risques fonctionnels

Quant aux problématiques de politique tarifaire ainsi que des dysfonctionnements ou irrégularités des délais de paiements, les banques en ligne restent encore très dépendantes du réseau traditionnel qui constituent pour beaucoup d’entre-elles leur intégration à des grands groupes. Par exemple Boursorama filiale de la société générale.

Assurément derrière Libra existe la possibilité de rendre un transfert de fonds aussi rapide et sécurisé qu’un SMS et ce à moindre coût. Une refonte du système monétaire pour un modèle hybride entre la cryptomonnaie, la blockchain décentralisée ainsi que le smart contrat.

Dans l’absolu soutenu par une réserve d’actif et gouverné par une association à but non lucratif basée à Genève, en Suisse. Les membres fondateurs de cette association étant essentiellement issus de l’univers tech et de la crypto.

 

Une mise à mal des décideurs institutionnels

A peine sortie, l’interdiction du Libra a été prononcée. Accueillie avec fébrilité par les politiques américaines et européennes qui y voient une fuite de leur souveraineté monétaire ainsi qu’un manque de garantie. Une réticence qui fait la moue pendant que la Chine de son côté se prépare à devenir le premier pays à proposer sa propre Digital Currency Electronic Payment (DCEP).

Le crypto-Yuan aux modalités quasi-similaires au Libra, si ce n’est pour énorme contraste que la banque centrale de Chine gardera la mainmise sur l’accès et le contrôle de la monnaie. 

Toujours est-il que les discussions autour du stablecoin se multiplient est que Christine Lagarde présidente de la banque centrale européenne (BCE) a dans son discours du 02 décembre 2019 devant le parlement européen énoncée avoir mis en place un groupe de travail coordonné par Benoit Coeuré sur les risques du stablecoin. (Rapport publié le 17 octobre 2019.)

A l’avenir l’objectif de la BCE est d’être le catalyseur d’une monnaie numérique européenne. L’histoire se répète malgré les premières craintes. En effet les groupes de pensées se multiplient en Europe pour contrer les centres de gravités non-bancaires (BigTech) que représente Libra et qui par la même occasion déplacent les paiements et exclus les entreprises européennes. Le tout amplifier par la nouvelle génération des cryptoactifs ainsi que de la technologie blockchain.

 

La réactivité de la banque centrale de France

La monnaie digitale est donc au cœur des débats est la banque centrale de France propose à son tour une éventuelle monnaie digitale de banque centrale (MDBC) notamment dans les paiements entre les acteurs financiers.

Un sens du timing qui s’accélère avec une demande publique et une politique en pleine amplification. Pour se faire une complète réorganisation de la banque de France doit s’effectuer. Les premières expérimentations auront lieu d’ici fin du premier trimestre 2020 pour contribuer à l’élaboration d’un e-euro au sein de l’écosystème européen.

 

POUR RESUMER

Beaucoup de bruit dans les couloirs après l’annonce du Libra. Irrémédiablement les premiers pas des institutionnels sont faibles et hésitants. Quand bien même des projets sous-marins sont en cours depuis maintenant plusieurs années dans la crypto-sphère. La dichotomie entre le système financier d’avant et d’après gagne du terrain. Frapper au coin du bon sens Libra est la petite clée qui va ouvrir une lourde porte.  

 

 
 

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